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Peut-on refuser une demande de formation à un élu du CSE ?
17 min de lecture Mis à jour le 12 mai 2026

L’essentiel à retenir

 

Le droit à la formation des membres élus du Comité Social et Économique (CSE) est une garantie fondamentale inscrite dans le Code du travail. Un employeur ne peut pas, en principe, refuser une demande de formation formulée par un élu titulaire ou suppléant, dès lors que celle-ci porte sur un organisme agréé figurant sur la liste officielle. Ce droit s’applique dès les premières semaines suivant les élections, sans condition préalable d’ancienneté dans le mandat.

La formation économique et la formation santé sécurité et conditions de travail (SSCT) constituent deux dispositifs incontournables, distincts dans leur financement mais complémentaires dans leurs objectifs. La première est prise en charge sur le budget de fonctionnement du CSE et dure jusqu’à cinq jours par mandat ; la seconde est financée intégralement par l’employeur, qui assume également le maintien de la rémunération pendant toute sa durée. Les membres de la commission CSSCT, les référents en matière de santé et sécurité, ainsi que l’ensemble des titulaires disposent ainsi des connaissances et compétences professionnelles nécessaires à l’exercice de leurs missions : prévention des risques, gestion des situations de harcèlement, suivi des conditions de travail et avis éclairés lors des réunions de délégation. Tout refus non justifié de l’employeur expose l’entreprise à des sanctions et peut faire l’objet d’un congé de formation contraint par voie judiciaire, sur le fondement de l’article L. 2315‑18 du Code du travail.

 

Introduction

 

La formation des élus du CSE est un pilier du bon fonctionnement du dialogue social en entreprise. Elle permet aux membres titulaires et suppléants d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de leurs missions : défense des salariés, prévention des risques professionnels, gestion des situations de harcèlement, participation aux travaux de la commission santé sécurité et conditions de travail (CSSCT) ou encore suivi du budget du comité.

Pourtant, une question revient régulièrement dans les entreprises : l’employeur peut‑il refuser une demande de formation émanant d’un élu du CSE ? La réponse est encadrée avec précision par le droit du travail, et mérite d’être examinée en détail pour éviter tout abus ou malentendu préjudiciable aux deux parties.

 

Le droit à la formation des élus du CSE : un droit protégé par le Code du travail

 

Le Code du travail, notamment en son article L. 2315‑18 et suivants, reconnaît aux membres du CSE un droit à la formation économique, sociale et syndicale. Ce droit s’exerce indépendamment des heures de délégation et constitue une prérogative attachée au mandat, non à la personne.

Concrètement, les élus titulaires et suppléants disposent de droits distincts selon la nature de la formation :

  • La formation économique : réservée aux membres titulaires du CSE, elle porte sur la gestion financière, le budget du comité, le fonctionnement économique de l’entreprise et les outils d’analyse sociale. Sa durée peut aller jusqu’à cinq jours par mandat.
  • La formation santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) : ouverte à tous les membres du CSE, titulaires comme suppléants, ainsi qu’aux membres de la CSSCT. Elle couvre la prévention des risques professionnels, la gestion des situations de harcèlement, et le rôle du référent en matière de santé au travail. Sa durée varie selon l’effectif de l’entreprise.

Ces formations doivent être dispensées par un organisme agréé, figurant sur une liste établie par les autorités compétentes. Le choix de l’organisme appartient à l’élu, et non à l’employeur.

 

Le cadre légal de la formation des élus du CSE

 

Le cadre légal de la formation des élus du Comité Social et Économique (CSE) est strictement encadré par le Code du travail afin de garantir l’exercice efficace de leurs missions. Les membres du CSE bénéficient de droits à la formation obligatoires, notamment la formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT), accessible à tous les élus dès leur prise de mandat, quel que soit l’effectif de l’entreprise. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, les élus titulaires ont également droit à une formation économique leur permettant de comprendre les orientations stratégiques et financières de l’entreprise. Ces formations doivent être dispensées par des organismes agréés et leur durée est définie par la loi. Le financement est assuré soit par l’employeur, soit par le budget de fonctionnement du CSE selon le type de formation. Par ailleurs, les élus disposent d’un droit à congé de formation, qu’ils doivent demander en respectant un délai de prévenance, généralement fixé à 30 jours. Ce cadre réglementaire vise à assurer la montée en compétences des représentants du personnel et à favoriser un dialogue social éclairé et conforme aux obligations légales.

 

Dans quels cas l’employeur peut-il différer une formation ?

 

Si le refus pur et simple d’une formation CSE est en principe illégal, le Code du travail prévoit néanmoins la possibilité pour l’employeur de différer le départ en formation, dans des circonstances précises et limitées.

Les motifs légaux de report

L’employeur peut reporter la formation si :

  • Les nécessités du service le justifient : en cas d’absence simultanée de plusieurs membres du personnel dont la présence est indispensable au fonctionnement de l’entreprise, l’employeur peut demander un report. Ce motif doit être objectivement justifié et ne peut pas être utilisé de manière systématique.
  • Le délai de prévenance n’a pas été respecté : l’élu doit informer l’employeur de son souhait de partir en formation suffisamment à l’avance (généralement 30 jours avant le début du congé de formation). Si ce délai n’est pas respecté, l’employeur peut légitimement reporter la formation.

 

Ce que l’employeur ne peut pas faire

  • Refuser la formation au motif que l’élu est suppléant et non titulaire,
  • S’opposer au choix de l’organisme agréé sélectionné par l’élu,
  • Conditionner l’accès à la formation à un avis hiérarchique favorable,
  • Invoquer des raisons budgétaires pour refuser une formation relevant du droit légal,
  • Exercer une pression sur un membre du comité pour qu’il renonce à sa demande de formation.

Tout refus non justifié ou toute pression exercée sur un élu constitue une entrave au fonctionnement du CSE, infraction pénalement sanctionnée.

 

Le financement de la formation : qui paie ?

 

Le financement des formations CSE obéit à des règles claires, qui varient selon la nature de la formation.

 

La formation économique

 

Le coût de la formation économique est pris en charge par le budget de fonctionnement du CSE. C’est donc le comité lui-même qui finance cette formation sur ses ressources propres, sans que l’employeur ait à débourser quoi que ce soit au titre des frais pédagogiques. En revanche, la rémunération du salarié élu est maintenue par l’employeur pendant toute la durée de la formation.$

La formation SSCT

 

La formation santé, sécurité et conditions de travail est intégralement financée par l’employeur, qui prend en charge :

  • les frais pédagogiques facturés par l’organisme de formation,
  • les frais de déplacement et d’hébergement dans la limite des plafonds légaux,
  • le maintien de la rémunération du membre du CSE pendant la durée de la formation.

Ce financement est incontournable : l’employeur ne peut pas imputer ces dépenses sur le budget du comité, ni les refuser au titre d’une contrainte budgétaire interne à l’entreprise.

 

Quels types de formations sont obligatoires pour les élus CSE ?

 

Les élus du Comité Social et Économique (CSE) doivent suivre plusieurs formations obligatoires afin d’exercer pleinement leurs missions. Parmi elles, la formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) est essentielle pour tous les membres du CSE, notamment dans les entreprises d’au moins 11 salariés. Elle permet d’identifier les risques professionnels, de prévenir les accidents du travail et d’améliorer le bien-être des salariés. En complément, les élus titulaires bénéficient également d’une formation économique, particulièrement dans les entreprises de plus de 50 salariés, afin de mieux comprendre les enjeux financiers et stratégiques de l’entreprise. Ces formations CSE obligatoires sont prises en charge par l’employeur et contribuent à renforcer les compétences des représentants du personnel, tout en garantissant un dialogue social efficace et conforme à la législation en vigueur.

 

Comment choisir une formation adaptée ?

 

Pour choisir une formation CSE adaptée, il est essentiel de prendre en compte plusieurs critères afin de répondre efficacement aux besoins des élus et aux spécificités de l’entreprise. Tout d’abord, il convient d’identifier les obligations légales — notamment la formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) ou la formation économique — puis d’évaluer le niveau de connaissance des élus pour sélectionner un programme adapté (initiation ou perfectionnement). Il est également recommandé de vérifier la qualité de l’organisme de formation, ses références, ainsi que les méthodes pédagogiques proposées (présentiel, distanciel, cas pratiques). Par ailleurs, la durée, le contenu et la conformité avec la réglementation en vigueur doivent être soigneusement étudiés. Enfin, privilégier une formation CSE personnalisée, en lien avec les enjeux spécifiques de l’entreprise, permet d’optimiser les compétences des représentants du personnel et d’assurer un dialogue social plus efficace et pertinent.

 

Les étapes pour s’inscrire à une formation CSE

 

S’inscrire à une formation CSE nécessite de suivre plusieurs étapes clés afin de respecter le cadre légal et d’optimiser l’organisation. Tout d’abord, l’élu doit identifier la formation adaptée à ses besoins, qu’il s’agisse de la formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) ou de la formation économique. Ensuite, il est important de choisir un organisme de formation agréé et de vérifier les modalités (durée, programme, financement). Une fois la formation sélectionnée, l’élu doit adresser une demande de congé de formation à son employeur, généralement au moins 30 jours avant le début de la session, en précisant les dates et l’organisme choisi. L’employeur ne peut refuser cette demande que sous certaines conditions strictes. Après validation, l’inscription est finalisée auprès de l’organisme, et les frais de formation sont pris en charge selon les règles en vigueur. Suivre ces étapes permet aux élus CSE de se former efficacement tout en respectant leurs droits et obligations.

 

Le financement des formations CSE et les dispositifs à disposition

 

Le financement des formations CSE repose sur plusieurs dispositifs légaux permettant aux élus de se former sans impacter leur budget personnel. La formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) est entièrement financée par l’employeur, qui prend en charge à la fois le coût pédagogique et le maintien du salaire pendant la durée de la formation. Concernant la formation économique, obligatoire pour les élus titulaires dans les entreprises d’au moins 50 salariés, elle est financée par le budget de fonctionnement du CSE, également appelé budget AEP (activités économiques et professionnelles). Par ailleurs, certains organismes proposent des solutions de financement complémentaires ou un accompagnement administratif pour faciliter les démarches. Il est aussi possible, selon les cas, de mobiliser des dispositifs externes comme les fonds mutualisés de la formation professionnelle. Bien comprendre les modalités de financement des formations CSE permet aux élus d’optimiser leurs droits, de choisir des programmes adaptés et de renforcer efficacement leurs compétences au service du dialogue social.

 

Les types de formations disponibles pour les élus

 

Les élus du Comité Social et Économique (CSE) ont accès à plusieurs types de formations afin d’exercer efficacement leurs missions et de développer leurs compétences. La formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) est incontournable : elle permet d’identifier les risques professionnels, de prévenir les accidents et d’améliorer les conditions de travail. La formation économique, quant à elle, est destinée principalement aux élus titulaires dans les entreprises de plus de 50 salariés, afin de comprendre les comptes de l’entreprise, sa stratégie et son fonctionnement global. D’autres formations complémentaires peuvent également être suivies, comme celles liées au droit du travail, au rôle et fonctionnement du CSE, à la gestion des activités sociales et culturelles (ASC), ou encore à la communication et à la gestion des conflits. Ces différentes formations CSE permettent aux élus de monter en compétences, de mieux représenter les salariés et de contribuer activement à un dialogue social constructif et efficace.

 

Le renouvellement du droit à la formation au cours du mandat

 

Le droit à la formation des élus du CSE n’est pas figé. Il peut être renouvelé au cours du mandat dans certaines conditions, notamment pour la formation SSCT. Lors du renouvellement du mandat, à l’issue des élections professionnelles, les membres du CSE retrouvent un droit plein et entier à leurs formations, qu’ils aient ou non bénéficié de ces dispositifs au cours du mandat précédent.

Cette logique de renouvellement est essentielle : elle garantit que les connaissances des élus restent à jour face à l’évolution des risques professionnels, des outils de e‑learning disponibles, et des réglementations en matière de santé et sécurité au travail. Un référent SSCT ou un membre de la commission spécialisée a tout intérêt à actualiser régulièrement ses compétences pour exercer efficacement son rôle au sein du comité.

 

Les conséquences d’un refus illégal de formation

 

Lorsqu’un employeur refuse illégalement une formation à un élu du CSE, plusieurs conséquences peuvent s’ensuivre.

Sur le plan pénal

Le refus de formation constitue une entrave au fonctionnement du CSE, infraction prévue et réprimée par le Code du travail. L’employeur s’expose à des sanctions pénales, notamment une amende, voire une peine d’emprisonnement dans les cas les plus graves.

Sur le plan civil

L’élu lésé peut saisir le conseil de prud’hommes ou le tribunal judiciaire pour faire valoir ses droits. Le juge peut ordonner à l’employeur d’autoriser la formation et, le cas échéant, de verser des dommages‑intérêts en réparation du préjudice subi. La contestation peut également être portée devant l’inspection du travail, qui dispose de pouvoirs d’investigation et de mise en demeure.

Sur le plan social

Un refus de formation nuit à la qualité du dialogue social au sein de l’entreprise. Des membres du CSE mal formés sont moins efficaces dans leurs missions de prévention des risques, de gestion des situations de harcèlement, ou de représentation des salariés. À terme, c’est l’ensemble du personnel qui pâtit d’un comité dont les membres n’ont pas pu développer leurs compétences professionnelles dans les meilleures conditions.

 

Bonnes pratiques pour les élus et les entreprises

 

Pour éviter tout litige, voici les bonnes pratiques à mettre en place dès la mise en place du CSE, au lendemain des élections.

Pour les élus :

  • Anticiper les demandes de formation en respectant scrupuleusement les délais de prévenance,
  • Choisir un organisme agréé figurant sur la liste officielle,
  • Conserver une trace écrite de toutes les demandes et des réponses de l’employeur,
  • En cas de refus, ne pas hésiter à solliciter l’avis de l’inspection du travail ou d’un représentant syndical,
  • Profiter des outils de e‑learning et de learning management disponibles pour compléter la formation présentielle.

 

Pour les entreprises :

  • Former les services RH et les managers aux droits des élus du CSE dès les premières semaines suivant les élections,
  • Mettre en place un calendrier prévisionnel des formations pour anticiper les absences,
  • Budgéter correctement les formations SSCT dès le début du mandat,
  • Veiller à ce que les membres de la CSSCT et les référents en matière de santé bénéficient en priorité de la formation SSCT,
  • Ne jamais conditionner l’accès à la formation à un avis ou à une autorisation non prévus par le Code du travail.

Le cadre légal et les bénéfices concrets pour les élus

 

La mise en place d’un CSE dans l’entreprise s’accompagne d’obligations précises en matière de formation, définies par le Code du travail. Chaque membre du comité — titulaire ou suppléant — dispose d’un droit à la formation dès les premières semaines suivant les élections professionnelles. Ce droit est incontournable et ne peut faire l’objet d’aucune restriction arbitraire de la part de l’employeur.

Sur le plan pratique, les élus bénéficient du maintien de leur rémunération pendant toute la durée de la formation, comme indiqué sur leur bulletin de paie. En cas de maladie ou de circonstances exceptionnelles survenant pendant une session, un délai de report peut être convenu avec l’organisme formateur. Cette souplesse d’usage est un bénéfice concret pour les membres du CSE, qui peuvent ainsi planifier leur montée en compétences sans risques pour leur situation professionnelle.

Les sessions de formation permettent une mise à jour régulière des connaissances en matière de santé et sécurité, de gestion des risques professionnels, de prévention du harcèlement et de contestation des décisions patronales. Tout membre du comité — qu’il exerce un rôle au sein de la CSSCT, de la commission économique ou en tant que référent SSCT — peut ainsi accomplir son mandat en pleine connaissance des règles applicables, au bénéfice de l’ensemble des salariés de l’entreprise.

 

En résumé

 

L’employeur ne peut pas refuser une demande de formation formulée par un élu du CSE, sauf à respecter les conditions strictement encadrées par le Code du travail (délai de prévenance non respecté, nécessités impérieuses du service). Tout refus injustifié constitue une entrave au fonctionnement du comité et expose l’entreprise à des sanctions pénales et civiles.

Les membres titulaires et suppléants, élus lors des élections professionnelles, disposent d’un droit à la formation économique et SSCT dès la prise de mandat. Ce droit est financé selon des règles précises — budget du CSE pour la formation économique, employeur pour la formation SSCT — et se renouvelle à chaque nouveau mandat.

Investir dans la formation des élus du CSE, c’est investir dans la qualité du dialogue social, la prévention des risques, la gestion des situations de harcèlement et, in fine, dans le bien‑être de l’ensemble des salariés de l’entreprise.