📑 Sommaire
- Les profils de travailleurs les plus exposés à la chaleur
- Les effets de la chaleur sur la santé : de la fatigue au coup de chaleur
- Reconnaître les signaux d’alerte : ce que le CSE doit surveiller
- Intégrer les travailleurs vulnérables dans le DUERP
- Les mesures de prévention prioritaires par type d’exposition
- Le rôle de la CSSCT dans la prévention des risques thermiques
- Construire un plan d’action CSE avant l’été
L’essentiel à retenir
Face aux risques liés à la chaleur au travail, tous les salariés ne sont pas égaux. Certains postes, certaines conditions de travail et certains profils personnels exposent une partie des travailleurs à des risques thermiques nettement plus élevés que d’autres. Le CSE et sa commission CSSCT ont un rôle central à jouer dans l’identification de ces travailleurs prioritaires, dans l’évaluation de leur exposition et dans la mise en place de mesures de prévention adaptées. Depuis le décret du 27 mai 2025, l’employeur a l’obligation d’intégrer ces populations vulnérables dans son DUERP et dans son plan de prévention thermique dès la vigilance jaune de Météo-France. Ce guide donne aux élus les clés pour agir efficacement, en ciblant les bonnes personnes et les bons postes.
📌 Points clés à retenir
- Les travailleurs en extérieur avec activité physique intense, les salariés âgés et les personnes sous traitement médical sont les plus vulnérables aux fortes chaleurs
- Le coup de chaleur est une urgence médicale mortelle si non prise en charge dans les minutes qui suivent — tout salarié doit connaître les gestes de premiers secours
- Le DUERP doit identifier nommément les postes à risque thermique élevé et les travailleurs présentant des facteurs de vulnérabilité
- Le médecin du travail est l’interlocuteur clé pour identifier les travailleurs sous traitement médicamenteux sensible à la chaleur
- La CSSCT peut procéder à des inspections thermiques sur les postes les plus exposés dès l’annonce d’un épisode de chaleur
- Un plan d’action CSE préparé avant l’été est bien plus efficace qu’une réaction dans l’urgence lors d’une canicule
Introduction
Lors d’un épisode de fortes chaleurs, l’attention se porte naturellement sur l’ensemble des salariés. Mais l’efficacité de l’action du CSE passe d’abord par la capacité à cibler les travailleurs les plus exposés — ceux dont les conditions de travail, l’état de santé ou les caractéristiques personnelles les rendent particulièrement vulnérables aux effets de la chaleur. Ce ciblage n’est pas une question d’équité entre salariés : c’est une exigence légale depuis le décret du 27 mai 2025, qui impose à l’employeur d’identifier ces populations dans son DUERP et de prévoir des mesures de protection spécifiques.
Pour les élus du CSE, agir en priorité sur les travailleurs les plus exposés, c’est concentrer l’énergie et les ressources là où le risque est le plus grave et là où une action précoce peut réellement sauver des vies.
1. Les profils de travailleurs les plus exposés à la chaleur
L’exposition aux risques thermiques au travail dépend de deux types de facteurs : les facteurs liés au poste et aux conditions de travail, et les facteurs liés aux caractéristiques personnelles du travailleur. Le CSE doit avoir une vision claire de ces deux dimensions pour orienter ses actions de prévention.
Les travailleurs en extérieur avec activité physique intense. Ce sont statistiquement les salariés les plus touchés par les accidents liés à la chaleur en France. Les ouvriers du BTP, les travailleurs agricoles, les livreurs, les agents d’entretien des espaces verts et les éboueurs cumulent deux facteurs aggravants majeurs : une exposition directe au soleil sans protection et une dépense physique intense qui accélère la montée en température du corps. En période de canicule, leur risque de coup de chaleur est exponentiellement plus élevé que pour un salarié en bureau climatisé. L’INRS estime que la production de chaleur interne liée à l’effort peut atteindre 10 fois la production de repos chez un travailleur effectuant un effort intense.
Les travailleurs en locaux chauds et mal ventilés. Les cuisiniers et personnels de restauration collective, les opérateurs travaillant près de fours industriels, les salariés de blanchisseries, d’imprimeries ou de fonderies exercent dans des ambiances thermiques dégradées même hors épisodes caniculaires. Pour ces travailleurs, une vague de chaleur extérieure peut faire basculer des conditions déjà limites vers une situation dangereuse. Les équipements de protection individuelle (combinaisons, tabliers) rendent la thermorégulation encore plus difficile.
Les travailleurs âgés de plus de 55 ans. La capacité de thermorégulation du corps humain décline significativement avec l’âge. Au-delà de 55 ans, les mécanismes de transpiration et de vasodilatation périphérique sont moins efficaces, la perception de la soif est diminuée ce qui crée un risque de déshydratation avant même que le salarié ne ressente la soif — et les pathologies cardiovasculaires latentes augmentent la probabilité d’un incident grave en cas de stress thermique. Ces travailleurs doivent être identifiés nominativement dans le DUERP et bénéficier d’une surveillance renforcée lors des épisodes de chaleur intense.
Les travailleurs sous traitement médical sensible à la chaleur. Certains médicaments courants altèrent significativement la capacité du corps à tolérer la chaleur : diurétiques, antihypertenseurs, psychotropes, antiparkinsoniens, certains antidépresseurs et antihistaminiques. Un salarié sous traitement médicamenteux chronique peut présenter un risque thermique élevé sans que ni son employeur ni ses collègues ne le sachent. C’est pourquoi le rôle du médecin du travail est central dans l’identification de ces situations : il est le seul interlocuteur habilité à connaître les traitements des salariés et à formuler des préconisations de protection renforcée.
Les travailleurs en situation de surpoids ou souffrant de maladies chroniques. Le surpoids, le diabète, l’insuffisance cardiaque, les maladies rénales et les pathologies respiratoires chroniques sont autant de facteurs qui réduisent la tolérance à la chaleur. Ces travailleurs sont plus susceptibles de décompenser lors d’un épisode caniculaire, même pour des niveaux de température et d’exposition qui seraient supportables pour un salarié en bonne santé.
Les travailleurs récemment arrivés dans l’entreprise ou sur un nouveau poste. La période d’acclimatation à la chaleur dure environ 7 à 14 jours. Un salarié qui commence un poste en extérieur ou dans un environnement chaud en plein été, ou qui reprend le travail après un congé prolongé, est particulièrement vulnérable pendant cette phase. La formation aux risques thermiques lors de l’accueil au poste est une mesure de prévention simple mais efficace que le CSE peut exiger de l’employeur.
2. Les effets de la chaleur sur la santé : de la fatigue au coup de chaleur
Les effets de la chaleur sur la santé des travailleurs forment un continuum allant de l’inconfort et de la fatigue aux urgences médicales graves. Les élus du CSE doivent connaître l’ensemble de ce spectre pour savoir quand alerter et quand intervenir en urgence.
Les effets indirects sur la sécurité. Avant même d’atteindre un seuil de risque médical direct, la chaleur altère les capacités cognitives des travailleurs : baisse de la concentration, ralentissement des temps de réaction, augmentation des erreurs de manipulation. Ces effets indirects sur la sécurité sont documentés par l’INRS et expliquent pourquoi les accidents du travail augmentent statistiquement lors des épisodes caniculaires, y compris sur des postes qui ne semblent pas directement exposés à la chaleur.
La déshydratation. La déshydratation est le premier effet physiologique de l’exposition à la chaleur. Elle survient lorsque les pertes en eau par transpiration ne sont pas compensées par une hydratation suffisante. Une déshydratation de seulement 2 % du poids corporel suffit à altérer les performances physiques et cognitives. Les travailleurs les plus exposés peuvent perdre jusqu’à 1 litre d’eau par heure d’activité intense sous forte chaleur. La mise à disposition d’eau fraîche à proximité des postes — obligation renforcée par le décret du 27 mai 2025 — est la mesure de prévention la plus directe contre ce risque.
Les crampes de chaleur et l’épuisement thermique. L’épuisement thermique se manifeste par une fatigue intense, des maux de tête, des nausées, des vertiges et une peau pâle et moite. Il survient lorsque l’organisme peine à réguler sa température malgré la transpiration. À ce stade, le travailleur doit être immédiatement mis à l’abri dans un endroit frais et réhydraté. L’épuisement thermique non traité peut évoluer rapidement vers le coup de chaleur.
Le coup de chaleur : une urgence médicale absolue. Le coup de chaleur survient lorsque la température centrale du corps dépasse 40 °C et que les mécanismes de thermorégulation sont dépassés. Les signaux caractéristiques sont une peau chaude et sèche (absence de transpiration), une confusion mentale ou une perte de conscience, une température corporelle très élevée et un pouls rapide. C’est une urgence médicale absolue qui engage le pronostic vital. Le 15 doit être appelé immédiatement. En attendant les secours, le travailleur doit être refroidi par tous les moyens disponibles : eau fraîche sur le corps, ventilation, mise à l’ombre. Chaque minute compte.
💡 Bon à savoir
La différence entre l’épuisement thermique et le coup de chaleur tient en un seul signal essentiel : la présence ou l’absence de transpiration. Un travailleur épuisé par la chaleur transpire abondamment. Un travailleur victime d’un coup de chaleur a la peau sèche et chaude les mécanismes de refroidissement sont défaillants. Cette distinction est capitale pour les premiers secours : dans les deux cas, il faut alerter et refroidir, mais le coup de chaleur impose d’appeler le 15 sans délai.
3. Reconnaître les signaux d’alerte : ce que le CSE doit surveiller
La prévention efficace des risques thermiques passe par la capacité à détecter les signaux d’alerte précoces, avant que des situations graves ne se développent. Les élus du CSE et de la CSSCT peuvent jouer un rôle de vigie en surveillant ces signaux à plusieurs niveaux.
Les signaux météorologiques. La vigilance météorologique publiée par Météo-France chaque jour est le premier niveau de surveillance. Depuis le décret du 27 mai 2025, les obligations de l’employeur s’activent dès le niveau jaune. Les élus du CSE peuvent demander à l’employeur de communiquer systématiquement le niveau de vigilance en vigueur dans le département chaque matin et d’activer les mesures correspondantes sans attendre que des travailleurs ne présentent des symptômes. Cette surveillance météorologique proactive est la première ligne de prévention.
Les signaux sur les postes de travail. Lors de leurs déplacements dans les locaux ou sur les chantiers, les élus du CSE peuvent observer des signaux concrets : des postes en plein soleil sans zone d’ombre accessible, des locaux dont les équipements de ventilation ou de climatisation sont en panne, l’absence d’eau fraîche à proximité des postes, des travailleurs portant des équipements de protection individuelle inadaptés à la chaleur (combinaisons imperméables, casques intégraux). Ces observations, consignées dans un rapport d’inspection, constituent la base d’une demande d’action corrective à l’employeur.
Les signaux humains. Les élus doivent être attentifs aux signaux comportementaux : un salarié qui ralentit anormalement son rythme de travail, qui paraît désorienté ou qui présente une peau très rouge et sèche. Ces signaux peuvent précéder de peu un coup de chaleur. Former les équipes à reconnaître ces signaux et à réagir immédiatement est une mesure de prévention dont le CSE peut demander la mise en place dans chaque unité de travail exposée.
4. Intégrer les travailleurs vulnérables dans le DUERP
L’identification et la protection des travailleurs les plus exposés aux risques thermiques commence par leur inscription dans le DUERP. Depuis le décret du 27 mai 2025, cette intégration est une obligation légale explicite.
L’évaluation des postes à risque thermique. L’employeur doit évaluer l’exposition de chaque unité de travail aux risques liés aux épisodes de chaleur intense, en tenant compte de la nature de l’activité, des ambiances thermiques constatées, de la durée d’exposition et de l’intensité de l’effort. Cette évaluation doit identifier les postes prioritaires — ceux où le risque de coup de chaleur est le plus élevé — et les hiérarchiser selon leur niveau de risque. Le CSE peut demander à consulter cette hiérarchisation et à formuler un avis sur son exhaustivité.
L’identification des travailleurs vulnérables. En complément de l’évaluation des postes, le DUERP doit intégrer les facteurs de vulnérabilité individuelle des travailleurs affectés à ces postes. Cette identification doit se faire en lien avec le médecin du travail, qui est le seul à pouvoir signaler de façon anonymisée si nécessaire les travailleurs présentant des facteurs de risque médicaux. Le CSE peut demander à l’employeur de formaliser cette démarche de collaboration avec le service de santé au travail avant chaque été.
Les mesures de prévention associées. Pour chaque population de travailleurs vulnérables identifiée, le DUERP doit prévoir des mesures de prévention spécifiques : suivi renforcé par le médecin du travail, aménagement de poste en cas de fortes chaleurs, accès prioritaire aux zones fraîches, dispense d’exposition aux heures les plus chaudes. Ces mesures doivent être connues de l’encadrement de proximité et activées sans délai dès le déclenchement d’un épisode de chaleur intense.
5. Les mesures de prévention prioritaires par type d’exposition
Les mesures de prévention à mettre en place ne sont pas identiques pour tous les travailleurs exposés. Elles doivent être adaptées au type d’exposition et au niveau de risque de chaque catégorie.
Pour les travailleurs en extérieur. Les mesures prioritaires concernent l’organisation du travail dans le temps et dans l’espace. L’employeur doit prévoir des zones d’ombre et des abris accessibles à pied d’œuvre, adapter les horaires pour concentrer les tâches les plus intenses aux heures fraîches (avant 10h et après 17h), assurer la mise à disposition d’eau fraîche à raison d’au moins 3 litres par travailleur et par jour, prévoir des pauses régulières dans des espaces frais, et fournir des équipements de protection adaptés à la chaleur (vêtements légers et ventilés, chapeaux, crème solaire). Le CSE peut vérifier l’effectivité de ces mesures lors de visites inopinées sur les chantiers ou les sites extérieurs.
Pour les travailleurs en locaux chauds. Les mesures techniques sont prioritaires : installation ou vérification du bon fonctionnement de la ventilation et de la climatisation, pare-soleil et stores sur les fenêtres exposées, brumisateurs dans les espaces où la climatisation est impossible, limitation des sources de chaleur interne (fours, machines), séparation des zones de production chaude et des espaces de pause. Lorsque les ambiances thermiques dépassent régulièrement les seuils d’alerte, l’employeur doit envisager une réorganisation plus profonde des postes ou des horaires.
Pour les travailleurs vulnérables personnellement. Les mesures spécifiques à ce groupe reposent principalement sur une surveillance individuelle renforcée et sur des aménagements de poste préventifs. Le médecin du travail peut formuler des préconisations de restriction d’exposition — limitation des horaires en conditions de chaleur, affectation temporaire à des postes moins exposés, télétravail si l’activité le permet que l’employeur a l’obligation de prendre en compte.
6. Le rôle de la CSSCT dans la prévention des risques thermiques
Dans les entreprises d’au moins 300 salariés, la Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) est l’instance spécialisée du CSE pour les questions de santé et de sécurité. En matière de prévention des risques thermiques, elle dispose d’attributions spécifiques qu’elle doit exercer de façon proactive.
Les inspections des lieux de travail avant et pendant l’été. La CSSCT peut procéder à des inspections des lieux de travail pour vérifier l’état des équipements de protection thermique, la disponibilité de l’eau fraîche, la praticabilité des zones d’ombre et l’accessibilité des espaces climatisés. Ces inspections doivent idéalement être réalisées avant les premiers épisodes caniculaires en avril ou en mai pour permettre à l’employeur de corriger les éventuelles insuffisances avant que les fortes chaleurs n’arrivent.
La contribution à la mise à jour du DUERP. La CSSCT contribue directement à l’évaluation des risques thermiques inscrite dans le DUERP. Ses membres peuvent partager leurs observations de terrain, identifier des postes oubliés dans l’évaluation initiale, et proposer des mesures de prévention adaptées aux réalités concrètes des unités de travail. Cette contribution doit être formalisée dans le compte-rendu de la CSSCT et transmise au CSE pour enrichir son avis sur le DUERP.
La liaison avec le médecin du travail. La CSSCT est l’interlocuteur naturel du médecin du travail au sein du CSE. Elle peut inviter le médecin du travail à ses réunions pour présenter les résultats des visites médicales liées à l’exposition thermique, les préconisations de protection pour les travailleurs vulnérables et les indicateurs de santé au travail pertinents. Cette collaboration renforce la cohérence entre les actions médicales et les actions de prévention portées par le CSE.
7. Construire un plan d’action CSE avant l’été
L’efficacité du CSE face aux risques thermiques dépend largement de sa capacité à anticiper plutôt qu’à réagir. Un plan d’action construit avant l’été — idéalement dès le mois d’avril — est infiniment plus efficace qu’une mobilisation dans l’urgence lors d’une canicule.
Étape 1 — Demander la présentation du plan canicule de l’employeur. Le CSE doit demander à l’employeur de présenter, avant la saison estivale, son plan de prévention des risques thermiques : quelles mesures sont prévues à chaque niveau de vigilance, quels postes sont identifiés comme prioritaires, quels travailleurs vulnérables ont été repérés en lien avec le médecin du travail, et quels équipements de protection sont disponibles. Cette présentation doit faire l’objet d’une consultation formelle et d’un avis du CSE.
Étape 2 — Vérifier que le DUERP est à jour. Le CSE doit vérifier que le DUERP intègre bien les risques thermiques, que les postes les plus exposés ont été correctement identifiés et que les mesures de prévention prévues sont proportionnées au risque. Si le DUERP est insuffisant, le CSE doit rendre un avis défavorable et demander sa mise à jour avant les premiers épisodes de chaleur.
Étape 3 — Organiser une inspection thermique des postes prioritaires. Avant l’été, la CSSCT ou les élus du CSE doivent inspecter les postes identifiés comme les plus exposés : vérifier la disponibilité et l’état des équipements de ventilation et de climatisation, s’assurer que les zones d’ombre et d’abri sont accessibles, contrôler la présence de points d’eau fraîche. Les constats de cette inspection doivent être transmis à l’employeur par écrit pour que les corrections nécessaires soient apportées avant l’été.
Étape 4 — Informer les salariés de leurs droits et des gestes à connaître. Le CSE peut utiliser ses canaux de communication pour informer les salariés des risques liés à la chaleur, des gestes de prévention au quotidien (s’hydrater régulièrement, signaler tout malaise à son responsable, ne pas attendre d’avoir soif pour boire) et des gestes de premiers secours en cas de coup de chaleur sur un collègue. Cette sensibilisation collective peut sauver des vies.
Résumé
La prévention des risques thermiques au travail est d’autant plus efficace qu’elle cible en priorité les travailleurs les plus exposés. Les ouvriers en extérieur, les salariés en locaux chauds, les travailleurs âgés, les personnes sous traitement médicamenteux sensible à la chaleur et les salariés récemment affectés à des postes chauds forment les populations prioritaires que le CSE doit contribuer à identifier et à protéger. Le décret du 27 mai 2025 impose désormais que ces populations figurent dans le DUERP et bénéficient de mesures de prévention spécifiques activées dès la vigilance jaune de Météo-France.
Pour le CSE, agir en priorité sur ces travailleurs, c’est concentrer l’énergie là où le risque est le plus grave — et préparer ce travail avant l’été, plutôt que de le commencer dans l’urgence d’une canicule. Un plan d’action structuré, une inspection thermique des postes prioritaires et une sensibilisation collective des salariés aux gestes de prévention sont les trois leviers concrets que tout CSE peut activer dès aujourd’hui.
✅ Checklist CSE — Travailleurs exposés à la chaleur
- ☐ Liste des postes à risque thermique élevé demandée et consultée dans le DUERP
- ☐ Travailleurs vulnérables identifiés en lien avec le médecin du travail (âge, pathologies, traitements)
- ☐ Inspection thermique des postes prioritaires réalisée avant l’été par la CSSCT ou le CSE
- ☐ Plan canicule de l’employeur présenté en réunion CSE et soumis à avis
- ☐ Eau fraîche disponible à proximité immédiate de chaque poste exposé (3 litres minimum en extérieur)
- ☐ Équipements de ventilation et de climatisation vérifiés avant la saison
- ☐ Salariés informés des signaux d’alerte du coup de chaleur et des gestes de premiers secours
- ☐ Droit d’alerte exercé si des manquements persistent après signalement à l’employeur
Articles de loi et textes de référence
- Article L4121-1 du Code du travail : obligation générale de protection de la santé physique et mentale des travailleurs
- Articles R. 4463-1 à R. 4463-4 du Code du travail (créés par le décret du 27 mai 2025) : prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense — mesures obligatoires dès la vigilance jaune
- Article R4121-1 du Code du travail : DUERP — obligation d’identification des travailleurs et postes exposés aux risques thermiques
- Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 : protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur — obligation d’évaluation des risques thermiques incluant les travailleurs vulnérables
- Article L4131-1 du Code du travail : droit de retrait en cas de danger grave et imminent pour la santé
- Article L2312-60 du Code du travail : droit d’alerte du CSE en cas de danger grave et imminent
- Article L4612-1 du Code du travail : attributions de la CSSCT — analyse des risques professionnels et inspection des lieux de travail
- Article R4225-2 du Code du travail (modifié) : mise à disposition d’eau potable fraîche en quantité suffisante à proximité des postes de travail
Sources : Code du travail (Légifrance) ; décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 ; INRS — Dossier « Ambiances thermiques » édition 2026 ; INRS — « Travailler par forte chaleur » (guide pratique) ; Plan National Canicule (PNC) ; Anses — rapport sur les effets de la chaleur sur la santé des travailleurs (2023) ; Météo-France — dispositif de vigilance météorologique.




